Journée très instructive sur le thème de la pollution PFAS jeudi 9 avril à la Maison de la Chimie. Voilà les points saillants qu’on retient des différentes présentations du superbe panel d’intervenants !
➡️ Les PFAS sont présents dans de nombreux usages en raison de leurs propriétés chimiques, mécaniques et thermiques exceptionnelles, liées notamment aux caractéristiques de l’atome de fluor et à la stabilité de la liaison C–F. Si ces propriétés permettent des applications pharmaceutiques majeures, notamment en facilitant la pénétration des membranes cellulaires, elles constituent également une source importante de risques toxicologiques.
➡️ Ces propriétés en font des substances ubiquistes et bioaccumulables, ce qui explique leur présence jusqu’en Antarctique, ainsi que le constat de l’augmentation de la concentration de TFA dans le vin européen (Freeling & Mira de Orduña Heidinger, 2025).
➡️ La gestion de la fin de vie de ces molécules pose d’importantes difficultés : certains traitements, comme l’osmose inverse, sont matures, mais leur efficacité varie selon le contexte et les molécules. Par ailleurs, les méthodes non destructives posent la question de la gestion des concentrats résiduels : un PFAS à chaîne longue est un potentiel PFAS à chaîne courte en devenir.
➡️ Au niveau réglementaire, une attention soutenue doit être portée au contrôle des produits importés, et la réglementation nationale doit prendre en compte les risques de perte de compétitivité des entreprises cessant d’utiliser des PFAS. En effet, la recherche de substitutions devra, le plus souvent, se faire usage par usage, sans garantie de performances identiques. En outre, une hiérarchisation des risques pourrait permettre de mieux phaser les interdictions.
➡️ Une note d’espoir : pour quelques articles publiés il y a 25 ans, l’année 2025 marque un record avec plus de 2 950 publications sur les PFAS. D’importants investissements devront permettre d’intensifier cette recherche et ses applications, en créant davantage de liens durables entre le monde académique et le monde industriel. Ces réflexions devront plus largement intégrer une approche sociologique afin d’analyser les comportements des usagers, ainsi que les pollutions liées à d’autres substances, ce qui pourrait permettre de développer des synergies dans leur gestion.
